Orgues en France
et dans le monde.
Retour France Alpha Retour Départements Retour tous pays
Historique Photos
Paris 4è (75)
Eglise St Gervais
Pescheur, 1628
Composition :
| Positif: | Grand-orgue: | Bombarde: | Récit: | Echo: | Pédale : |
| 51 notes | 51 notes | 51 notes | 32 notes | 27 notes | 28 notes |
|
|
|
|
|
|
| Montre 8' | Montre 16' | Bombarde 16' | Cornet V rgs | Flûte 8' | Bourdon 16' |
| Bourdon 8' | Bourdon 16' | | Hautbois 8' | Nasard 2' 2/3 | Flûte 8' |
| Montre 4' | Montre 8' | | | Trompette 8' | Flûte 4' |
| Nasard 2' 2/3 | Bourdon 8' | | | | Bombarde 16' |
| Doublette 2' | Dessus de flûte 8' | | | | Trompette 8' |
| Tierce 1' 3/5 | Prestant 4' | | | | Clairon 4' |
| Larigot 1' 1/3 | Nasard 2' 2/3 | | | | |
| Plein-jeu V rgs | Quarte 2' | | | | |
| Cromorne 8' | Doublette 2' | | | | |
| Trompette 8' | Tierce 1' 3/5 | | | | |
| Clairon 4' | Grosse fourniture II rgs | | | | |
| | Fourniture III rgs | | | | |
| | Cymbale IV rgs | | | | |
| | Cornet V rgs | | | | |
| | Grosse trompette 8' | | | | |
| | Trompette 8' | | | | |
| | Voix humaine 8' | | | | |
| | Clairon 4' | | | | |
Autres caractéristiques :
41 jeux - 3 claviers manuels et pédalier.
Tranmissions mécaniques.
Accouplement: Pos./G.O. Tremblant.
Buffet et partie instrumentale classés Monuments historiques.
Haut de page
Le
premier orgue fut donné, en 1397, par plusieurs frères de la confrérie
des marchands de vin. Le fonctionnement de cet orgue est toujours
attesté en 1414.
Peu avant 1513,
la paroisse achète un orgue, celui du prieuré Sainte-Catherine du
Val-des-Écoliers, qui datait de 1421. Ces orgues comportaient une mitre
encadrée de deux tourelles et, considérées comme trop petites pour le
prieuré, elles ont été vendues à la paroisse Saint-Gervais.
Vers 1560,
l'orgue fut agrandi au coût de 400 livres.
Vers 1600, la
fabrique commanda un orgue neuf à Mathieu Langhedul et ce même si la
construction de l'église n'était pas entièrement complétée et quitte à
le disposer sur un emplacement provisoire. L'instrument, complété en
1601, fut placé dans le transept sud sur la haute tribune qui y est
encore. Le buffet, avec des pilastres cannelés délimitant trois
tourelles presque égales en hauteur, celles des côtés moins hautes
qu'aujourd'hui, la Montre ne dépassant pas le 12 pieds. La Montre du
positif décorait le soubassement. Les deux claviers de 45 notes (ut1 à
ut5) avec octave courte étaient sur la face arrière et commandaient
deux abrégés distincts.
En 1628, la
tribune au revers de la grande façade ouest était achevée. Les
marguilliers firent appel à Pierre Pescheur pour déménager l'orgue.
Cette tribune forme une espèce de porche intérieur qui s'ouvre sur la
nef par un arc en anse de panier, dont les sommiers viennent s'appuyer
sur deux colonnes d'ordre corinthien. La tribune est épaulée par deux
portions de voûte qui affectent la forme d'un quart de cercle, et
viennent s'amortir contre les piliers servant à séparer la première
travée de la nef de la travée correspondant des bas-côtés. Chacune de
ces parties est terminée par une corniche dont les lignes se raccordent
à celles de la corniche de la tribune. À l'aplomb des colonnes de la
tribune et de celles des parties latérales, se détache une tête de
chérubin accompagnée d'une chute de fruits. La corniche de la tribune,
ornée de denticules et de médaillons, est couronnée par une balustrade
pleine à panneaux moulurés.
Toutefois, le
travail ne fut pas qu'un simple transfert. Il semble que Pescheur ait
conservé comme grand corps l'ancien buffet avec ses volets peints. Il
lui adjoignit, sur le devant de la tribune, un positif neuf d'une
dizaine de jeux dont le buffet existe encore en sa plus grande partie;
il est à trois tourelles de cinq tuyaux: celle du centre, la moins
élevée, est couronnée d'une jolie statuette représentant un ange ailé
jouant du luth; les tourelles latérales sont surmontées chacune d'une
lyre, de couronnes de lauriers et de palmes; les plates-faces sont
ornées de lambrequins en forme de draperie gracieusement enroulée et
sculptée avec une vérité achevée.
Cette
disposition plus normale entraîna une réfection complète de la
mécanique. Le Positif devint dorsal et la fenêtre des claviers s'ouvrir
par devant. L'organiste titulaire, Robert Buisson, en profita pour
obtenir la correction de quelques insuffisances, comme l'octave courte.
Les nouveaux claviers furent portés à 48 notes et purent être
accouplés, ce que nécessitait la pratique française pour laquelle la
fourniture du Positif faisait partie intégrante du Plenum. De plus,
comme le volume de l'église avait presque doublé, il devint nécessaire
de renforcer l'orgue. Ceci fut obtenu par une augmentation de la
pression du vent; le ravalement de la Montre de 12' en 16' avec des
tuyaux de bois placés à l'intérieur du buffet; le remplacement du
Nasard et de la Cymbale III pour renforcer le Plenum; l'ajout d'une
Tierce « à mettre dans le Plein-Jeu » en remplacement du Flageolet 1';
le remplacement des résonateurs en fer blanc des tuyaux d'anches par de
l'étain. Pescheur a également posé un demi-clavier de Récit résultant
d'une double alimentation du Cornet du grand-orgue au moyen de petites
soupapes et ajouta une Tierce large à côté de la Tierce étroite en
retaillant la Flûte de 2'. Il aurait également complété la Pédale à 24
ou 28 notes avec la première octave complète (sans l'ut#) et l'ajout
d'une Flute de 8' en plomb.
En 1649, lors de
la succession de Robert Buisson par son propre fils, aussi prénommé
Robert, il fut décidé de procéder à un relevage. Les travaux furent
confiés à Pierre Thierry qui remplaça le dessus de Flûte 8' de la
Pédale par des tuyaux en bois et qui ajouta un Flûte 4'.
En 1659, Louis
Couperin, qui avait été nommé titulaire en 1653, obtint que des
modifications soient apportées à l'instrument afin de le faire évoluer
dans le style alors à la mode. En plus d'obtenir le complément du
Positif qui n'avait pas de jeu de Tierce, le Bourdon fut recoupé en
Flûte 4', des jeux neufs de Nasard et de Tierce ont été ajoutés. Il fit
aussi ajouter un Écho destiné à servir de troisième plan sonore, sorte
de positif interne, sur 3 octaves complètes. Toutefois, Louis Couperin
ne profita guère de ces modifications puisqu'il mourut prématurément en
1661. L'orgue passa aux mains de son cadet, Charles.
En 1676, à la
demande de Charles Couperin, un relevage fut exécuté non pas par Pierre
Thierry mais par son fils, Alexandre. Le contrat fut signé le 21
février 1676. La composition ne fut pas modifiée si ce n'est la pose
d'un Cornet de Récit indépendant, harmonisé en vue de son usage en
soliste, la double alimentation du Cornet du Grand-Orgue ne suffisant
plus.
En 1679, à la mort de Charles Couperin, l'intérim est confié à
Michel Richard Delalande en attendant que François Couperin atteigne
ses 18 ans, en 1685.
En 1684 ou 1685,
Alexandre Thierry exécuta quelques travaux dont le coût s'éleva à 600
livres. En 1714, lors de réparations effectuées par François Thierry,
François Couperin demanda et obtint la suppression « des volets du
grand buffet de l'orgue, inutiles et dommageables par leur grand poids
». François Couperin restera titulaire jusqu'en 1733. Il fut remplacé
par son cousin, Nicolas et, qui à son tour, sera remplacé par
Armand-Louis, en 1748.
À 21 ans,
Armand-Louis était déjà un virtuose connu et l'orgue cessa de le
satisfaire à cause de son usure certaine après 35 ans de service mais
surtout par suite de l'évolution du goût, la mode ayant remis en cause
le bel équilibre classique.
En février 1758, la fabrique accorda un
contrat de 700 livres à Pierre-Claude Thiessé, maître menuisier, pour
refaire la menuiserie du grand corps afin de bien mettre en évidence
une montre neuve de seize pieds et ce, sous la direction de Mouchet,
architecte de la fabrique. Aidé de Jacques-François Fichon, maître
sculpteur, Thiessé donna au buffet du grand orgue, son aspect
définitif. Discrètement orné, de grandes proportions (12 mètres de haut
sur 10 mètres de large / 39,4 pieds de hauteur par 32,8 pieds de large)
ce buffet comprend, comme celui du positif, trois tourelles
semblablement disposées mais différentes en ce qui concerne les détails
de la décoration: ce sont ici souples guirlandes de fleurs ou fruits,
larges rubans noués avec la plus ample élégance, et bouquets de longues
feuilles d'acanthe contournées avec grâce pour former comme des
consoles sous les tourelles latérales; au sommet, couronnant les
grandes tourelles, de grandes urnes d'où s'échappent des flammes et, au
centre, un riche trophée d'instruments de musique.
Dès que
l'ouvrage de menuiserie et de sculpture fut achevé, Louis Bessart
entreprit la réfection complète de l'instrument. Commencés en 1760, les
travaux furent interrompus en 1764 par la mort du facteur mais
François-Henri Clicquot, après avoir estimé, à titre d'expert, les
travaux de son défunt confrère, fut chargé d'achever son oeuvre et de
la compléter. L'instrument fut enfin reçu le 16 avril 1768 par
Louis-Claude Daquin, Claude Balbastre, et Armand-Louis Couperin qui
tout en ne ménageant pas les éloges à l'égard de l'habile organier, se
plaignirent de la mauvaise qualité du vieux Cromorne et le facteur se
hâta d'en fournir un neuf.
Les travaux de
réfection exécutés par Bessart et Clicquot avaient coûté 4 650 livres:
augmenté encore d'un cromorne neuf l'année suivante, l'orgue comprenait
en tout 37 jeux répartis entre cinq claviers manuels de 51 notes et un
pédalier de 28 notes. Bessart et Clicquot avaient utilisé la plus
grande partie des matériaux laissés par leurs prédécesseurs et toujours
conservé les anciens tuyaux de bois du XVIe siècle.
Armand-Louis mourut le 2 février 1789 suivi de peu par son fils aîné, Pierre-Louis; leur succédra le cadet Gervais-François.
Jusqu'en 1789,
l'entretien de l'orgue resta confié aux soins de Clicquot. Par la
suite, il fut assuré par Pierre-François Dallery.
Lorsque, le 19 août
1794, Molard passe avec ses experts organistes et facteurs, l'orgue est
considéré « en bon état ». En 1811, la fabrique demande à
Pierre-François Dallery d'exécuter le relevage qui s'imposait. Au
relevage normal, le devis ajoutait qu'il convenait de supprimer des
tuyaux reconnus inutiles comme la Fourniture et la Cymbale (GO), le
Larigot et la Cymbale (Positif). Ces disparitions sont présentées comme
un progrès. Ensuite apparaissent les désirs d'augmentation de
Gervais-François qui demande une deuxième trompette au Grand-Orgue,
ainsi qu'un basson, une clarinette et une deuxième flûte au positif.
L'orgue fut reçu les 26 et 27 août 1813 par les organistes
Gervais-François Couperin et Guillaume Lasceux.
À la mort de
Gervais-François, en 1826, Jean-Nicolas Marrigues est nommé. Il restera
jusqu'en 1834 où l'intérim est assuré par Alexandre-Pierre-François
Boëly jusqu'en 1838. Il profita de la nécessité de réparer les grandes
Montres pour poser au facteur Louis-Paul Dallery la question de la
restitution des Pleins-Jeux. La fabrique refusa toute dépense.
Suivent les
titulaires Marie Bigot en 1838 et M. Baillet, en 1840.
En 1842, il faut
demandé à Louis-Paul Dallery de remplacer la Montre des tourelles et la
restitution des Pleins-Jeux mais on lui refusa une soufflerie neuve et
la possibilité d'ôter quelque jeu que ce soit. Les travaux se
déroulèrent sous la supervision d'Alexandre-Pierre-François Boëly.
Dallery maugréa du fait qu'il arriverait mal à placer 5 rangs de
Plein-Jeu de positif sur la seule chape de Larigot. Pendant ce temps,
le buffet était repeint d'une couleur encore plus foncée. La réception
eut lieu le 15 juillet 1843 avec, au positif, une Cymbale V, 2/3' et ,
au grand-orgue, une autre Cymbale V, 1' avec, dans la basse, un sixième
rang de Tierce 2/5' que des déplacements et retailles ultérieurs ont
partiellement transformé en unissons. Ces modifications ne provoqua pas
pour autant un regain d'intérêt pour le grand orgue.
En 1845, on
installa un petit orgue parmi les stalles du choeur. Cette présence
rendit celui de la tribune moins nécessaire. On s'en servit moins, on
l'entretint encore moins. Privé de soins réguliers, l'orgue alla se
fatiguant et se détériorant de plus en plus, ne subissant que de loin
en loin quelque sommaire nettoyage. Avec la mort de Boëly en 1858, de
Baillet en 1880, le grand orgue entra de plus en plus en léthargie
malgré diverses propositions de réfection toujours repoussées.
En 1902, le père
Gauthier voulut remettre en service le vieil instrument. Les services
de la ville de Paris lui conseillèrent de consulter Alexandre Guilmant.
Les travaux furent réalisés, en 1909, par la Maison Merklin qui fut
chargé de remettre l'orgue en service sans rien y changer, pas plus la
soufflerie cunéiforme que le pédalier à la française. Les Montres
furent blanchies, l'intérieur fut dépoussiéré, des tuyaux muets
reparlèrent, d'autres furent amuïs, la deuxième trompette servit à
remettre en état les mauvais tuyaux de la première. C'est probablement
à cette occasion que les bourdons furent mis à calottes mobiles et
qu'ils perdirent leurs cheminées. En juillet 1910, au cours d'un
violent orage, la pluie, chassée par les vitres brisées de la façade,
venait paralyser la moitié de ses jeux. Quoique non touché lors de la
catastrophe du Vendredi Saint, le 29 mars 1918, causée par l'explosion
d'un obus lancé par un canon allemand à longue portée, sur l'église, il
reçut beaucoup de gravats et fut bâché tandis qu'on réparait l'église.
Ce n'est qu'en
1920, après que la nef de l'église fut refermée et la voûte
reconstruite, on a recommencé à penser à l'orgue. Deux clans se
formèrent autour de deux projets opposés présentés par deux facteurs:
Charles Mutin proposait une reconstruction complète tandis que Louis
Béasse soutenait la possibilité d'une réparation à l'identique. Quant à
la ville de Paris qui préférait le projet de Mutin, demanda à la
Direction des Beaux-Arts de désigner une commission pour veiller à la
conservation et la restauration de l'orgue des Couperin. Cette
commission, composée de Chales-Marie Widor, Maurice Emmanuel, Joseph
Bonnet, Félix Raugel, Amédée Mancat-Amat de Vallombrosa, et Paul
Brunold, titulaire de l'instrument, choisit finalement le projet de
Béasse, en examina le devis de réparations proposé et adopta les
conclusions suivantes:
« Les grandes
orgues de Saint-Gervais offrent un intérêt historique considérable.
Réparées, elles ne fourniront point les intenses sonorités modernes.
C'est par d'autres qualités qu'elles se distingueront. Leur
restauration ne doit, en aucun cas, être une réfection, même partielle.
L'instrument des Couperin doit être conservé tel qu'il est, avec son
harmonisation et son intonation.
Aucune
modification ne doit être apportée à son mécanisme. Il sera donc un
interprète d'élection pour l'exécution de l'ancienne musique d'orgue où
les artistes français ont excellé et qui constitue une si abondante et
si riche littérature.
En conséquence, le devis de restauration vise essentiellement les travaux tels qu'ils vont être définis:
• Harmonisation
Aucun tuyau ne
sera changé. Les tuyaux d'étain seront nettoyés et débosselés sur place
dans un chantier établi dans l'église même. Les tuyaux de bois seront
débarrassés des emplâtres et des badigeonnages qui les recouvrent. Mais
les anciennes peintures datant de la Renaissance ou de Louis XIII
seront précieusement conservées.
• Claviers
Ils seront
conservés, nettoyés et réglés. La pédale subsistera telle quelle. Les
claviers seront enfermés dans un meuble léger mais solide dont la forme
sera combinée de manière à ne pas dénaturer l'aspect de l'instrument.
Le dessin de ce meuble devra être soumis aux experts.
• Sommiers
Ils seront restaurés entièrement quel que soit l'état dans lequel on pourra les trouver après le démontage de l'orgue.
• Soufflerie
L'ancienne
soufflerie cunéiforme sera conservée dans son aspect extérieur, mais
non réparée, un tel appareil présentant trop d'aléas. Une soufflerie
neuve, calculée sur le débit nécessaire à l'instrument sera installée
dans un entroit tel qu'elle ne masque pas l'ancienne et qu'elle soit
invisible de tous les points de l'église. »
Le facteur se
soumit à ces conditions et acheva son travail en novembre 1923. La
commission vint alors recevoir l'instrument et son inauguration eut
lieu le 7 février 1924 sous la présidence du cardinal Guillaume Dubois,
archevêque de Paris. Joseph Bonnet et le titulaire, Paul Brunold, se
succédèrent aux claviers de l'instrument.
Les trois
claviers s'accouplent toujours à l'ancienne mode: le positif se réunit
au Grand-Orgue lorsque l'on tire, en avant, le deuxième clavier, le
dessous des touches, taillé en biseau, agissant alors sur les touches
du positif. Le clavier est maintenu dans cette position au moyen d'un
crochet. Quant au clavier de bombarde, il est construite de manière à
être toujours accouplé au Grand-Orgue. Le Tremblant est commandé par un
registre et il n'existe aucune pédale de combinaison.
Le 30 août 1924, la partie instrumentale de l'orgue fut classée comme « monument historique », une première.
Puis vint la
Deuxième guerre mondiale et le remplacement des verrières par des
châssis de bois garnis de vitres de plastique laissant entrer froid et
vent. Malgré un fonctionnement parfois incertain, l'orgue assura
régulièrement son service. Jen Ver Hasselt devient titulaire en 1948,
année précédant la repose des verrières au cours de laquelle le positif
fut inondé lors d'un orage. La remise en état du positif fut l'occasion
d'un dépoussiérage de l'orgue.
À l'approche du
troisième centenaire de la mort de François Couperin (en 1968), un
comité exigea qu'une grande restauration soit faite de l'orgue dit «
orgue des Couperin ». Une admiration légitime de François-Henri
Clicquot, jointe au mépris de tout le matériel ancien qu'il avait pu y
conserver, conduisit au principe de restituer l'orgue de 1769 et ce,
d'après les connaissances assez vagues disponibles: relevage et remise
en parfait état des parties existant en 1769; correction des libertés
prises en 1921: emplacement du Récit et de l'Écho, mécanique de la
Pédale; rétablissement de la composition de 1769 au prix de
modifications inévitables aux sommiers.
Le 5 mai 1967,
un contrat est passé sur le programme établi par Norbert Duforcq avec
la maison Gonzalez choisie sans alternative réelle. Le 5 juin suivant,
le démontage fut entrepris dans une hâte qui légitima la création d'un
comité de défense de l'orgue de Saint-Gervais. Devant la levée de
boucliers soulevée par les incidents de mai 1968, le ministère des
Affaires culturelles cessa tout crédit, prépara une refonte de la
Commission des orgues et suspendit les travaux à Saint-Gervais,
suspension qui devait durer 6 ans. Seuls les travaux du buffet
pouvaient continuer: décapage à cru sans recherche des peintures et des
décorations du passé.
En 1969, pour ne
pas maintenir le spectacle affligeant et accusateur du buffet béant,
les tuyaux de façade furement remis en état et replacés dans le buffet.
En 1970, Michel Chapuis fit partie d'un groupe de travail représentant
ceux qui étaient d'un avis différent sur les travaux à entreprendre. Un
nouveau devis du facteur, en date du 18 septembre 1981, comporta les
éléments suivants:
• Au positif:
•
pose d'un dessus de Bourdon à cheminée neuf au lieu de boucher la Flûte
de Dallery et avec transfert de cette dernière vers le musée;
• faute de faux sommier pour la composition du Plein-Jeu d'origine, celui de Dallery sera maintenu;
•
le larigot n'évincera le Basson-Clarinette que faute de trouver une
meilleure solution. Ce sera un Larigot étroit à l'allemande, en étain.
• Au grand-orgue:
•
pour conserver la deuxième trompette tout en rendant les trois chapes
d'origine au Plein-Jeu, la Voix Humaine sera reportée sur une chape
supplémentaire;
• le Plein-Jeu IX sera neuf et non pas composé sur le plan néo-classique prévu initialement.
• À la pédale:
• les gravures non utilisées serviront à faire monter, si possible, le pédalier jusqu'au Ré3.
Sur ces bases,
les travaux de restauration purent reprendre en mars 1973 sous la
direction effective et très prudente de Jacques Bertrand, organier de
la maison Gonzalez, et furent terminée en 1974.
Jamais orgue
n'eut tant de facteurs aussi respectueux du travail de leurs
prédécesseurs. Bien aidés en cela par l'impécuniosité de la paroisse du
XIXe siècle.
Haut de page
Photos :

Haut de page Retour France Alpha Retour Départements Retour tous pays