Orgues en France et dans le monde.

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Paris 7è  (75)

Eglise St Louis des Invalides

Thierry, 1687



Composition :

Grand-Orgue Récit expressif Positif  Pédale 
Montre 16' Quintaton 16' Montre 8' Soubasse 32'
Bourdon 16' Principal 8' Bourdon à cheminée 8' Soubasse 16'
Montre 8' Cor de nuit 8' Prestant 4' Flûte 16'
Flûte harmonique 8' Viole de gambe 8' Flûte à cheminée 4' Principal 16'
Diapason 8' Voix céleste 8' Nasard 2 2/3' Bourdon 8'
Grand nasard 5 1/3' Flûte 8' Flageolet 2' Flûte 8'
Flûte 4' Principal italien 4' Tierce 1 3/5' Principal 8'
Prestant 4' Flûte à fuseau 4' Fourniture IV Flûte 4'
Grande tierce 3 1/5' Nasard 2 2/3' Cymbale III Principal 4'
Doublette 2' Principal 2' Trompette 8' Principal 2'
Cornet V Cornet V Cromorne 8' Fourniture IV
Grande fourniture III Fourniture IV Chalumeau 4' Bombarde 16'
Fourniture IV Cymbale IV   Trompette 8'
Bombarde 16' Bombarde 16'   Clairon 4'
Trompette 8' Trompette 8'   Trompette (chamade) 8'
Clairon 4' Hautbois 8'   Clairon (chamade) 4'
Trompette (chamade) 8' Voix humaine 8'    
Clairon (chamade) 4' Clairon 4'  

Autres caractéristiques :
64 jeux - 3 claviers manuels de 61 notes et pédalier 32 notes
Traction électrique des claviers et des jeux
Accouplements usuels - Combinaisons ajustables : 9


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Historique :


La tribune, sur laquelle repose l'orgue est établie au-dessus du porche, est close par une balustrade en pierre ajourée, qui se développe au-dessus d'une corniche soutenue par quatre consoles. Le buffet, selon la coutume généralement observée dans les instruments importants est en deux parties: positif et grand-orgue, mais superposés au lieu d'être séparés par la fenêtre des claviers; occasionnée par la fantaisie de l'architecte ou le besoin d'économiser la place sur la tribune, cette disposition donne à la façade de cet orgue un caractère tout spécial que l'on ne retrouve nulle part ailleurs. Le buffet a une hauteur d'environ 11 mètres (36 pieds) sur 1,65 m (5,4 pieds) de profondeur; le positif, haut et large de 3 mètres (9,8 pieds) est de la même profondeur que le grand-orgue. Le dessin de ce buffet d'orgues doit avoir été donné par Jules-Hardouin Mansart.
Le positif, qui comprend trois tourelles et deux plates-faces, est épaulé par deux atlantes au torse nu, tenant des guirlandes de fleurs et supportant la corniche sur laquelle repose le grand-orgue; celui-ci est composé de neuf groupes de tuyaux répartis entre cinq tourelles et quatre plates-faces, reliées aux tourelles par des espèces d'ailerons accompagnés de palmes et de guirlandes richement sculptées. Chaque tourelle repose sur un cul-de-lampe orné de têtes de chérubins; celle du centre est sommée d'une couronne royale, les autres sont dominées par des vases à flammes. La menuiserie est confiée à Germain Pillon pour une somme de 4 000 livres et acceptée le 25 mars 1679. Elle est en bois peint en blanc et rehaussé de filets d'or; les deux atlantes et tous les ornaments sont égalements dorés.

L'instrument, sorti des ateliers d'Alexandre Thierry, ne devait céder en rien comme composition sonore et qualité de facture, à la magnificence du meuble qui était destiné à la recevoir.
 
À l'origine, l'instrument comprenait 37 jeux répartis entre quatre claviers manuels et pédalier, et alimentés par cinq grands soufflets fournissant du vent à la pression de 8 cm. Le devis, préparé par Alexandre Thierry et soumis pour consultation à Nicolas Le Bègue, fut accepté le 12 mai 1679.
L'instrument fut reçu le 10 octobre 1686 par les organistes Nicolas Le Bègue, Jacques-Denis Thomelin, Gabriel Garnier, et le facteur Hippolyte Ducastel qui réclamèrent l'adoucissement du clavier du grand-orgue et quelques améliorations à la soufflerie.
La réception définitive eut lieu le 23 mars 1687 par l'organiste Guillaume-Gabriel Nevers et le facteur Robert Clicquot.

En 1693, l'organiste titulaire, Gabriel Garnier, obtint l'accord de Thierry pour que le facteur Julien Tribuot ajoute un flûte ouverte 4' à la pédale puis en 1718, pour l'ajout d'un clairon 4' à la pédale.

Régulièrement entretenu et réparé, l'instrument assura le service jusqu'en 1793. Abandonné pendant la Révolution, il se dégrade rapidement si bien que le 28 septembre 1795, une commission, composée des organistes Claude Balbastre, Éloi-Nicolas-Marie Miroir, Jean Landrin et des facteurs Jean Somer et François Dallery, déclare l'instrument hors d'état de pouvoir servir et dans un état de vétusté qui ne permet pas d'en faire usage. Il fut simplement ordonné de fermer la tribune et d'empêcher quiconque d'y pénétrer.

À la réouverture de l'église, le facteur Jean Somer présente un devis de réparation qui s'élève à 8 500 francs. Ce devis, daté du 3 mars 1806, est approuvé et exécuté. Les travaux doivent se terminer le 15 août 1807. La réception des travaux a eu lieu le 7 octobre 1807 par les organistes Éloi-Nicolas-Marie Miroir, Jacques-Marie Beauvarlet-Charpentier et Nicolas Séjean, l'organiste titulaire.

En 1843, le facteur Charles Gadault exécuta un relevage de l'instrument.

En 1849, l'état de l'orgue rendait urgente une restauration complète. Elle ne fut pourtant décidée qu'après l'incendie survenu le 12 aoùt 1851.
Cette fois, une reconstruction fut considérée et les devis proposés par les facteurs Ducroquet (38 jeux pour 30 000 francs), Gadault (40 jeux pour 26 000 francs) et Cavaillé-Coll (42 jeux pour 36 000 francs) furent examinés.

Naturellement Gadault l'emporta et le contrat fut signé le 11 mars 1852.

Cette reconstruction mena à une dénaturation complète de l'esthétique d'origine: suppression du plein-jeu du grand-orgue, des jeux de tierce du grand-orgue et du positif, et de la quarte. Les travaux furent reçus aux mois d'octobre et novembre 1853 par une commission composée des organistes Daniel-François-Esprit Auber, François Benoist, Louis-James-Alfred Lefébure-Wély, Alexandre-Charles Fessy, Charles Poissant ainsi que le facteur Pierre Erard et l'architecte Auguste Rougevin.

Des réparations ont été effectuées en 1897 par Bonneau et Béasse, et par John Abbey en 1923 qui pose une ventilateur électrique et une nouvelle console.

Bernard Gavoty, nommé titulaire en 1942, se préoccupe de faire reconstruire l'instrument par Beuchet-Debierre de 1955 à 1957.

Ils interviendront aussi en 1962 et en 1979 où ils ajouteront deux jeux en chamade.

La tuyauterie est composite: une dizaine de jeux subsistent de l'orgue original, en particulier les principaux du grand-orgue et du positif; une quinzaine de jeux de Gadault, en particulier les anches et flûtes de la pédale; tous les autres jeux sont de Beuchet-Debierre.



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Photos :

Paris St Louis Des Invalides

Paris St Louis Des Invalides


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