Orgues en France
et dans le monde.
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Historique Photos
Rodez (12)
Cathédrale Notre-Dame
De Joyeuse, 1676 - J. Isnard, 1767 - Koenig, 1986
Composition :
| I. Grand
Orgue |
II. Positif |
III.
Récit |
IV.
Écho |
Pédale |
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| Montre 16' |
Montre 8' |
Cornet V |
Bourdon 8' |
Flûte 16' |
| Bourdon 16' |
Bourdon 8' |
Trompette 8' |
Prestant 4' |
Flûte 8' |
| Montre 8' |
Prestant 4' |
Hautbois 8' |
Nazard 2 2/3' |
Flûte 4' |
| Bourdon 8' |
Flûte 4' |
|
Doublette 2' |
Bombarde 16' |
| Prestant 4' |
Nazard 2 2/3' |
|
Tierce 1 3/5' |
Trompette 8' |
| Flûte 4' |
Doublette 2' |
|
Cymbale III |
Clairon 4' |
| Grande Tierce 3 1/5' |
Tierce 1 3/5' |
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Voix humaine 8' |
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| Nazard 2 2/3' |
Larigot 1 1/3' |
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| Doublette 2' |
Fourniture IV |
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| Quarte 2' |
Cymbale III |
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| Tierce 1 3/5' |
Trompette 8' |
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| Flageolet 1' |
Cromorne 8' |
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| Cornet V |
Voix humaine 8' |
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| Fourniture V |
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| Cymbale IV |
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| 1ère Trompette 8' |
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| 2è Trompette 8' |
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| Clairon 4' |
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Autres caractéristiques :
47 jeux - 4 claviers manuels et pédalier
Traction mécanique des claviers et des jeux
Étendue des claviers : GO, POS: 53 notes - REC: 35 notes - ECHO: 42 notes
Etendue du pédalier : 27 notes
Accouplement : POS/GO (à tiroir)
Tirasse : GO/PED (par tirant)
Tremblant doux
Diapason de Joyeuse: 1/2 ton en dessous du la à 440 Hz
Tempérament: inégal, très doux
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Si un contrat fut passé devant notaire entre le chapitre et
le facteur Claude Guillemin pour la construction d'un nouvel orgue, le
6 août 1627, l'orgue fut de fait réalisé en 1628 par Antoine
Vernholles, facteur d'orgues à Poitiers, avec le concours de Raymond
Gusmond, maître-sculpteur à Périgueux, pour la construction du buffet
et pour la balustrade de la tribune par G. Cairon (1631).
Claude Guillemin avait signé un prix-fait pour construire un buffet à
deux corps et un instrument de huit pieds, de deux claviers de
quarante-cinq notes (octave courte) et pédale (17 notes) .
Il est à peu près certain qu'Antoine Vernholles eut à construire un
instrument plus grand; le buffet plaide pour un grand orgue de 16 pieds
et un positif de 8 pieds, or c'est bien un instrument de cette
importance que Jean de Joyeuse aura à restaurer en 1676.
Entre temps, en 1657, André Eustache fait un relevage du positif où il
refait à neuf la voix humaine et un relevage du grand orgue.
Le 10 novembre 1676, Jean de Joyeuse fut chargé par le chapitre d'une
très importante réfection. Seuls furent conservés les grands tuyaux des
deux façades auxquels furent changés les biseaux, les sommiers dont il
fallut agrandir les perces, et une partie des mécanismes, y compris les
claviers. Le nombre de soufflets fut augmenté et les porte-vent refaits
d'une plus forte section pour « faire pousser l'orgue davantage ».
L'ordre des jeux fut changé pour mettre « les plus grands du côté de la
montre … à la réserve des jeux d'anches, afin de pouvoir toucher
facilement à tous les tuyaux ».
Tous les jeux intérieurs furent refaits et il fut ajouté un clavier
d'écho et une pédale de 24 notes avec deux jeux. Les deux fournitures
furent établies « d'une composition particulière pour faire un grand
effet au plein jeu ».
Puisque Jean de Joyeuse a conservé les sommiers de grand orgue et de
positif ainsi que les deux claviers et les mécanismes correspondants,
il faut bien admettre qu'avant sa venue ces deux plans sonores avaient
déjà la même importance, 48 notes chacun, 15 jeux au grand orgue, 11 au
positif. Le grand orgue pouvait être établi en 16 pieds et le positif
en 8 pieds, à moins que la « grande montre » ne fût utilisée par
Antoine Vernholles, comme prévu au devis de Guillemin, en 12 pieds à la
pédale. Cette dernière hypothèse paraît peu vraisemblable car elle
aboutirait à un positif en 8 pieds et un grand orgue aussi en 8 pieds,
sans bourdon de 16.
Dans la première moitié du XVIIIè siècle, il ne semble pas que l'orgue ait subi d'importants travaux de reconstruction.
En 1728, François Lépine, pour 11,500 livres, refit la montre de même
taille que l'ancienne. Il changea les mécanismes et les sommiers de la
pédale qu'il plaça en bout de buffet, refit un sommier d'écho et
remplaça la voix humaine par un cromorne. Il refit aussi à neuf la
soufflerie placée « en l'air », baissa le ton de l'orgue d'un demi-ton
et apporta quelques modifications à la composition du grand orgue où il
plaça un bourdon de 16 pieds, une grande tierce et un cromorne.
En 1749, en collaboration avec son fils, Jean-François, il procéda à un relevage général.
Un projet de restauration avec augmentation fut proposé par le Sieur
Laguna pour être soumis à l'avis de Dom Bedos; celui-ci recommanda A.
Lépine - le frère de celui qui est établi à Pézenas et auteur des
orgues des cathédrales d'Auxerre et de Nantes.
Le parti proposé par Laguna et retenu par Dom Bedos prévoyait la
reconstruction de l'instrument avec quatre claviers et pédale, un grand
orgue de quatre sommiers de cinquante notes en deux sommiers,
diatoniques dans les basses, un récit de trente-deux touches à gravures
intercalées avec le grand orgue (cornet et hautbois), un écho de
trente-deux touches, une pédale de trente-six marches avec ravalement
au fa (deux trompettes, un clairon, une flûte 8 et une flûte 4).
Les jeux intérieurs étant jugés en « assez bon état » devaient être
conservés mais les anches du grand orgue transférées au positif pour
disposer au grand orgue de deux trompettes et d'un clairon de « bonne
taille ». Les deux flûtes à cheminée 4 devaient être supprimées,
estimées inutiles, étant à « l'unisson du prestant ». En revanche, il
était souhaité l'ajout d'un gros nazard et d'une quarte.
Ce projet ne vit pas le jour sous cette forme (il est bon de préciser
qu'il est très proche du programme adopté lors de la dernière
restauration, effectuée de 1981 à 1986).
La reconstruction de l'orgue fut confiée au facteur Joseph Isnard
(marché de 5,000 livres du 12 juillet 1775, complété par un devis du 15
février 1776).
La façade est restaurée, la soufflerie reconstruite (six soufflets),
les sommiers du grand orgue, du positif et de pédale sont refaits,
l'écho est placé en récit et il est ajouté un clavier de bombarde de
quatre jeux. Le grand chœur d'anches est considérablement augmenté:
trois bombardes, double trompette au grand orgue et à la pédale; dessus
de chamade.
À l'image du grand orgue de Saint-Maximin, construit en 1772 avec son
oncle Jean-Esprit, Joseph Isnard établit un des plus grands instruments
de la deuxième moitié du XVIIIè siècle, quelques années avant celui de
la cathédrale d'Albi (1779), mais ce fut une gageure, compte tenu du
peu de profondeur du grand buffet (1 m 40) et bien que Laguna ait reçu
les travaux réalisés « dans les règles de l'art »; quelques années
après, Jean-Baptiste Micot propose de refaire à nouveau la soufflerie,
de relever également toute la tuyauterie et de supprimer une bombarde
au grand orgue, une trompette, une basse de trompette et un clairon au
troisième clavier, travail indispensable pour que les autres jeux
d'anches puissent « tenir bien d'aplomb », à moins que le chapitre
n'accepte d'approfondir le buffet d'un pied et de refaire les quatre
grands sommiers.
En 1811, fut établi un dossier de travaux à entreprendre à la
cathédrale. Ce dossier comprenant un projet de restauration de l'orgue
et une description sommaire de l'instrument qui, à deux jeux près,
était encore l'orgue de Jean de Joyeuse; il manquait une montre et un
cornet au grand orgue, sans doute oubliés par le copiste. Ce texte
laisse perplexe le chercheur, à tel point qu'il en est à se demander si
son auteur ne s'est pas contenté de prendre la composition dans le
vieux marché de Joyeuse.
Divers travaux furent effectués dans la première moitié du XIXè siècle,
par Clavel en 1822, par Volzani, les frères Claude en 1839, Piantanida
en 1843.
Les travaux des frères Claude, vu les sommes engagées, furent très
importants: 23,000F pour l'orgue et 1,200F pour le buffet. Ils se
résument, d'après le devis, à un grand relevage, sans modification a
priori de la composition; la soufflerie modifiée changea de nouveau de
place, les quatre claviers furent refaits à neuf. Mais l'orgue d'Isnard
avait déjà reçu quelques modifications par Clavel, une basse de flûte a
remplacé la basse de trompette du troisième clavier et le dessus de
hautbois était passé au récit à la place d'un dessus de trompette.
Un devis de Pagès daté du 23 juillet 1852, ainsi que différentes
correspondances du facteur et de l'expert de l'État, Félix Clément,
conservés aux Archives Nationales, permettent d'approcher la
composition de l'orgue après le passage des frères Claude, mais sans
bien pouvoir départager ce qui peut être dû à la fin du XVIIIè ou début
du XIXè siècle.
Le grand sommier dont parlent Pagès et Clément apparaît être, d'après
leur description plutôt sommaire, antérieur à l'intervention des frères
Claude: Clément parle de vingt-et-un jeux, Pagès de dix-neuf; il
indique qu'il manque le premier ut dièse et qu'il faut porter les
nouveaux sommiers à quatre octaves et demi. Pagès précise que sur les
sommiers « on a entassé rapiessage sur rapiessage … il faut remplacer
les clous des chapes par des clous à vis avec rosettes en cuivre ». On
apprend en outre que le premier tuyau de la montre 16 était en bois à
l'intérieur; qu'il fallait refaire des tuyaux de bois de la basse de
seize pieds, les vieux étant vermoulus; qu'il y avait encore deux jeux
de tierce complets et deux cornets aux deux claviers, grand orgue et
positif; trois bombardes, deux aux claviers manuels et une de pédale,
celle de bombarde ayant eu des tuyaux de basse refaits à neuf. Le
positif était resté peu modifié. L'orgue avait quatre claviers et plus
de quarante jeux. Le ton était encore celui de « chapelle », mais il
avait été déjà remonté d'un quart de ton environ par les frères Claude
(« les tuyaux étant bouchés jusqu'à moitié pour la plupart »).
Les deux bombardes devaient prendre deux registres d'où, sans doute,
l'explication des vingt-et-un jeux ou registres de Félix Clément. Les
pleins jeux de grand orgue auraient déjà disparu pour placer la seconde
bombarde manuelle, à moins qu'il ne s'agisse d'un oubli dans le texte
de Pagès. Les frères Claude ont procédé de toute façon à un aménagement
des jeux sur sommier, mais les pleins jeux existaient encore lors de
leur venue.
Le grand sommier, d'une profondeur de gravure précisée de 7 cm, était antérieur, sans doute, du XVIIIè siècle (1776).
Après bien des difficultés pour se faire agréer par le Ministre des
Cultes, le facteur Pagès refit la soufflerie en 1857 et entreprit
ensuite une importante restauration avec sommiers et mécanismes neufs
qui fut, après la mort du facteur, terminé par la Maison Puget en 1872.
En 1891, Puget propose encore un relevage et des aménagements,
l'installation d'une machine Barker, la réfection des claviers ramenés
à trois par le regroupement sur le premier clavier du grand orgue et de
la bombarde, mais ces travaux ne furent pas exécutés. La réfection fut
confiée au facteur Charles Anneessens, d'Halluin, qui reconstruisit
entièrement l'instrument selon son système de transmission pneumatique
tubulaire en 1902, avec console indépendante placée dans le buffet de
positif de dos éventré. Il conserva, en la remaniant, une partie de la
tuyauterie ancienne.
En 1934, Maurice Puget changea quelques jeux: tierce au grand orgue à
la place d'une flûte 4, doublette, tierce et clairon au positif à la
place d'un violon, d'une violine et d'une clarinette.
Restauration
L'instrument
L'examen du matériel sonore ancien et du buffet permet de compléter en
partie le manque de documents d'archives. Anneessens avait, de fait,
conservé beaucoup plus de tuyaux anciens que ne le rapporte la
tradition orale basée davantage sur la pratique habituelle du facteur
que sur la réalité de l'orgue de la cathédrale de Rodez, et sa
tuyauterie neuve était de métal pauvre, de très mauvaise qualité.
En fait, on retrouve un total de plus de mille tuyaux anciens datant des XVIIè et XVIIIè siècles.
Lors de la mise au ton moderne par Anneessens, la tuyauterie fut
surtout décalée, certains jeux étant sur le ton, la doublette du grand
orgue, les autres pavillonnés (montre, prestant); les bourdons eurent
leurs calottes rendues mobiles. Des anches anciennes, à part le
cromorne qui est complet, il ne reste que des corps. Enfin, les tuyaux
restants des mutations avaient été intégrés par rediapasonnage à
d'autres jeux d'Anneessens d'esprit plus ou moins symphonique.
Les tuyaux furent reclassés selon la nature du métal, leur confection,
les progressions des tailles et leurs marques. L'examen de la
tuyauterie reclassée confirme que l'orgue de Joyeuse avait
quarante-huit notes aux deux principaux manuels portés à cinquante
notes au cours du XVIIIè siècle. D'autre part, si le grand orgue a bien
été augmenté d'une deuxième trompette 8, il n'y a plus la trace d'une
bombarde manuelle à la même époque.
Le programme définitif des tuyaux ne fut arrêté qu'après cette
connaissance plus parfaite de l'instrument qui suivit le démontage, et
un premier reclassement opéré par le facteur Paul Manuel.
Si, dans un premier temps, il fut envisagé de choisir l'orgue de la
deuxième moitié du XVIIè siècle et de recréer un clavier de bombarde,
l'étroitesse du buffet et le peu de jeux d'anches restant de cette
époque écartèrent cette idée, pour orienter le choix vers une solution
préconisée par Laguna et Dom Bedos en 1771, pourtant inconnue au moment
de l'élaboration du projet puisque la découverte de documents aux
archives de l'Évêché est toute récente.
La restauration proprement dite de l'instrument fut confiée à la Maison
J.G. et Y. Koenig. Pour cette entreprise, le travail se présentait sous
des aspects particulièrement délicats. La restauration de la partie
instrumentale est, de fait, une reconstruction complète à partir d'un
buffet et d'un matériel sonore incomplet en partie altéré.
Si la tuyauterie de Jean de Joyeuse prédomine, il existe aussi quelques
parties de jeux antérieures et d'autres postérieures: des jeux d'anches
et des tuyaux de grande tierce du XVIIIè, un bourdon 16 et une quarte
de peu postérieurs à Jean de Joyeuse, dus à F. Lépine. Ces jeux ajoutés
vont tous dans le sens de l'évolution d'un grand orgue de cathédrale de
la fin du XVIIè à la fin du XVIIIè siècle, pour « faire sonner l'orgue
davantage » dans le vaste vaisseau de l'édifice.
Cette préoccupation, qui habitait déjà Jean de Joyeuse, fut celle de
tous les facteurs qui suivirent, mais qui dans l'ensemble respectèrent
aussi l'œuvre de Joyeuse.
Il est donc apparu souhaitable de privilégier l'orgue de Joyeuse, dans
sa disposition, ses tailles et son diapason, tout en acceptant un
élargissement des possibilités par des ambitus plus importants et une
composition enrichie des jeux du XVIIIè qui augmentent la puissance du
grand chœur. Ainsi, tous les jeux anciens sont présents et les
possibilités musicales de l'instrument sont multipliées, en respectant
les espaces offerts par le buffet pour les différents plans sonores, ce
qui n'aurait pas été possible dans une esthétique différente, notamment
celle de l'orgue symphonique qui réclame des jeux de grandes dimensions
et un récit expressif inlogeable dans le vieux buffet.
Le facteur d'orgues a dû retrouver une conception sonore à travers un
matériel altéré, restaurer ce matériel, le compléter et reconstruire
entièrement l'alimentation, les sommiers, la console en fenêtre, les
mécanismes des notes et des jeux dans l'esprit des Anciens pour obtenir
les qualités de toucher et les sonorités adéquates au répertoire
français des XVIIè et XVIIIè siècles, tout en permettant une
utilisation plus large de l'instrument par ses étendues.
Le buffet
Le buffet, dont la restauration fut confiée à la Maison Férignac, est
tout en noyer et avait été prévu à l'origine pour un instrument d'une
vingtaine de jeux répartis entre les deux corps. Il fut maintes fois
remanié afin de recevoir un instrument toujours plus grand et beaucoup
plus pesant, pour arriver, en 1902, à une partie instrumentale énorme,
installée entièrementdans le grand buffet. Les sections très menues des
montants furent bien sûr renforcées, mais plus ou moins bien; des
montants furent même sciés, ceux de la fenêtre de l'ancienne console.
L'absence de semelle se fit sentir, le plancher céda aux endroits mêmes
des montants du soubassement renforcé. Le buffet, par endroit vermoulu,
affaibli et tiraillé dans tous les sens, présentait de nombreux
déversements et affaissements; il réclamait des consolidations et des
remises à niveau en de nombreux points du soubassement, aux parties
hautes et particulièrement aux grandes tourelles, tant pour le sauver
lui-même que pour recevoir l'instrument reconstruit, avec toutes les
difficultés d'adaptation de mécanismes précis au millimètre dans un
buffet royaume des faux-aplombs.
Un important travail de renforcement fut exécuté, uniquement en bois au
niveau des façades et des côtés, avec croisillonnements intérieurs et
par un treillage métallique doublant tous les montants et traverses de
l'arrière du buffet, avec fixation aux murs.
Tous les panneautages disparus du buffets du positif et de l'arrière du grand orgue furent reconstruits.
Le décor sculpté fut en partie restauré, complété et consolidé au
niveau des couronnements, pinacles et statues, avec des restes de
polychromie, jusqu'à la grande Vierge de l'Assomption qui surmonte la
grande tourelle. Toute la boiserie décapée et traitée prit la teinte
magnifique, chaude et naturelle, d'un noyer vieux de trois siècles et
demi.
Les travaux furent financés par le Ministère de la Culture et de la
Communication (Direction de la Musique et de la Danse; Direction du
Patrimoine), la Ville de Rodez et le Département de l'Aveyron.
Jean-Pierre Decavèle, maître d'œuvre
Direction de la Musique et de la Danse et Direction du Patrimoine.
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